Les échecs à quatre
Les échecs à quatre sont une famille de variantes du jeu d’échecs dans lesquelles quatre personnes jouent en même temps. Dans la forme présentée ici, il n’y a toujours que deux camps : les joueurs sont associés deux par deux et chaque équipe cherche à mater le Roi, ou les Rois, de l’équipe adverse.
Le matériel de cette variante
Dans la version décrite par cet article, chaque joueur dispose d’une petite armée : un Roi, une Dame, un Fou, un Cavalier et quatre pions. Les pièces se déplacent comme aux échecs classiques. La position de départ est indiquée par le diagramme : les joueurs 1 et 2 sont alliés et affrontent les joueurs 3 et 4.
Déroulement de la partie
- Chaque joueur joue un coup à tour de rôle, dans l’ordre de numérotation fixé au début de la partie.
- Les pièces d’un joueur ne peuvent jamais mettre en échec le Roi de son allié.
- Avant de commencer, les joueurs conviennent du but : mater l’un des deux Rois adverses, ou mater les deux.
Quand un joueur est mat
Lorsque le but choisi est de mater les deux Rois adverses, le camp dont un seul joueur est mat n’a pas encore perdu. Le joueur mat cesse de jouer et son Roi est retiré. Ses autres pièces restent sur l’échiquier, mais son allié ne peut pas les utiliser.
Ces pièces deviennent passives : elles ne menacent plus rien et ne donnent plus échec aux Rois adverses. Elles continuent cependant d’occuper leurs cases, limitent le déplacement des autres pièces et peuvent être capturées. Le joueur restant doit alors poursuivre seul contre deux adversaires, ce qui rend la fin de partie difficile.
Conseils de jeu
- La coordination entre alliés est décisive : une pièce mal placée peut gêner son partenaire autant qu’un adversaire.
- Le joueur qui joue juste après un adversaire doit surveiller les menaces que celui-ci vient de créer, car son allié ne pourra pas y répondre avant lui.
- Avec des armées réduites, chaque pièce compte : un échange inégal pèse plus lourd qu’aux échecs classiques.
D’autres échecs à quatre
Il existe de nombreuses autres formes de jeu à quatre. L’Inde ancienne connaissait le chaturaji, jeu à quatre armées où les coups étaient déterminés par des dés, décrit au XIe siècle par le savant persan al-Biruni. Aujourd’hui, la version la plus répandue se joue sur un plateau en forme de croix, formé d’un carré de 14 cases sur 14 privé de ses quatre coins de 3 cases sur 3, soit 160 cases. Chaque joueur y dispose d’une armée complète et l’on joue soit en équipes, partenaires face à face, soit chacun pour soi avec un décompte de points.
Toutes ces variantes partagent le même intérêt : elles obligent à surveiller plusieurs adversaires à la fois et ajoutent au calcul une part de négociation et d’entente entre partenaires.


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